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"Quand
un sourire peut vous faire perdre la tête"
Les commotions cérébrales
dans le monde du sport sont devenues un véritable fléau au cours de la
dernière décennie. Étant donné le nombre grandissant d'athlètes qui
ont dû se retirer de leur sport victimes de commotions cérébrales sévères,
on accorde maintenant une plus grande importance à la prévention de
telles blessures, comme le dit si souvent ce bon vieux dicton, "prévenir,
c'est guérir". Plus facile à dire qu'à appliquer, me direz-vous.
Au hockey, comment peut-on agir pour prévenir ce type de blessure à la tête?
La première réponse qui vous vient en tête, bien sûr, est le port du
casque de hockey certifié par la CSA et en bon état. Alors là, je vais
en surprendre plus d'un par ce qui suit. Saviez-vous que depuis plusieurs
années les autorités médicales ont ajouté le protecteur buccal au
nombre des pièces d'équipement agissant également sur la prévention
des commotions cérébrales? Dans les prochaines lignes, je vais donc
tenter de démystifier cette nouvelle pièce d'équipement qui protège,
en fait, beaucoup plus que votre sourire.
Bien sûr, la
fonction primaire d'un protecteur buccal demeure toujours la prévention
de blessures dentaires. Toutefois, une étude récente effectuée par
l'Université Notre-Dame indique une importante diminution des commotions
cérébrales chez les joueurs de football qui portaient un protecteur
buccal lors des pratiques et des parties. Ainsi donc, il jouerait aussi un
rôle important dans la prévention des blessures à la tête.
D'autres études
sont venues aussi appuyer le fait que le port du protecteur buccal aurait
un effet préventif contre les blessures dentaires, mais comment peut-il
aider à prévenir les commotions cérébrales? Pendant les activités
sportives, souvent des coups sont donnés au niveau de la mâchoire.
Lorsqu'un coup violent est donné du bas vers le haut de la mâchoire, la
force entraîne automatiquement un claquage des dents; il y a aussitôt un
impact important de la mâchoire inférieure vers l'articulation (située
tout juste devant l'oreille).
Les forces sont
alors transmises vers les nerfs majeurs qui proviennent de la base du
cerveau, vers les vaisseaux sanguins qui alimentent le cerveau et vers les
centres de "balance" qui sont situés de chaque côté de la mâchoire
(l'articulation). C'est en fait une cause de commotion cérébrale. Les
signes et symptômes sont variables et surtout très nombreux (étourdissements,
nausées, vomissements, troubles de concentration…). Le protecteur
buccal devient donc un outil indispensable en soi puisqu'il agit comme
coussin entre les dents. Il absorbe ainsi la force du coup à la mâchoire.
Le protecteur buccal est également utile pour séparer la mâchoire inférieure
de la base du crâne, réduisant par le fait même la collision entre les
deux os tout en répartissant mieux le choc qui autrement serait absorbé
par le cerveau.
Si les effets sont
si importants, pourquoi observe-t-on encore que beaucoup de joueurs appréhendent
net le port du protecteur buccal et refusent net catégoriquement l'ajout
de cette pièce à leur équipement? Les raisons évoquées par ceux-ci
sont, entre autres, que les protecteurs buccaux obstruent les voies
respiratoires, les empêchant ainsi de bien respirer. Toutefois, avec la
technologie d'aujourd'hui, les nouveaux modèles sont conçus pour prévenir
ces petits inconvénients.
Ce qui nous amène
à parler des différents modèles de protecteurs buccaux disponibles sur
le marché. Il est important de spécifier qu'il en existe trois types. Le
premier type est le protecteur buccal commercial. On en retrouve dans la
plupart des boutiques de sport. Il est le moins coûteux, mais le moins
efficace également. Il est composé d'un plastique rigide, non formé
pour votre bouche. Il offre donc une fausse impression de protection.
L'inconfort de ce type de protecteur buccal rend ainsi la respiration et
le dialogue plus difficile. Il devient vite une bête noire pour un athlète.
Le deuxième type
est le " Bouillir et Mordre ". C'est habituellement le
protecteur buccal le plus utilisé par les jeunes hockeyeurs oeuvrant dans
le hockey mineur. Il est composé de matériel thermoplastique, qui une
fois ramolli dans l'eau chaude, se moule à la forme de la dentition du
joueur. Il est également peu dispendieux, inconfortable et peut, tout
comme le protecteur de type commercial, avoir un effet néfaste sur la
respiration et/ou la parole.
Le dernier type est
le protecteur buccal fait sur mesure. Un dentiste prend l'empreinte de vos
dents. Une feuille d'acrylique ultra-absorbante est ensuite chauffée et
collée sur le moule. Elle est ensuite limée pour assurer une forme
parfaitement adaptée à la bouche de la personne. Ce dernier modèle
n'obstrue pas les voies respiratoires et n'occasionne pas de problèmes
pour la communication. Il est donc beaucoup plus confortable et sait bien
répondre aux besoins des joueurs.
Le coût des
protecteurs buccaux est très variable. Le moins dispendieux est le modèle
commercial puisqu'il est produit en plus grande quantité. Les coûts
augmentent légèrement ensuite pour le type " Bouillir et Mordre
" qui devient un peu plus spécifique. Le haut de gamme, soit le
protecteur buccal fait sur mesure, est évidemment légèrement plus cher.
Ainsi, il en coûte entre 80 $ et 130 $. Toutefois, les frais liés à
l'achat d'un tel protecteur buccal peuvent être admissibles à un
remboursement dans certaines compagnies d'assurances. L'argent ne devrait
toutefois pas être un problème, surtout si l'on pense aux frais
exorbitants qu'une blessure aux dents ou à la tête peut entraîner.
Le protecteur buccal
est donc une pièce d'équipement qui gagne beaucoup à être utilisée au
hockey, et ce, même si le port n'est pas encore devenu obligatoire. En
plus de protéger vos dents et votre mâchoire, il joue un rôle très
important pour la prévention des commotions cérébrales. Nous possédons
seulement une tête alors à nous de mettre toutes les chances de notre côté
afin de la protéger. Et ça ne commence que par un petit
investissement…
Mylène Boisvert
Graduée en thérapie du sport
Réadaptation spécialisée à la clinique Action Sport Physio Parc
Olympique
Formatrice de titulaire en santé et sécurité au Québec
 
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